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Le lien avec son bébé ne se construit pas toujours immédiatement. Fatigue, bouleversements du post-partum, vécu de l'accouchement et émotions peuvent influencer cette période.
On parle beaucoup de cette rencontre comme d'un moment magique.
Un bébé arrive, et l'amour serait immédiatement évident.
Pour certains parents, c'est effectivement ce qu'ils ressentent.
Pour d'autres, la réalité est beaucoup plus nuancée.
Il peut y avoir de l'amour, mais aussi de la fatigue. De la tendresse, mais également du doute. De la joie, mais parfois une forme de distance ou la sensation de ne pas encore savoir comment être avec ce tout-petit.
Ces ressentis ne font pas de vous un mauvais parent.
Le lien avec un bébé n'est pas nécessairement un événement qui survient à un instant précis.
Il se construit progressivement, au fil des interactions quotidiennes : les regards, la voix, les soins, les bras, les repas, les moments de réconfort, les échanges et toutes ces petites expériences répétées qui permettent au parent et à l'enfant de se découvrir.
Il n'y a donc pas besoin de ressentir immédiatement quelque chose de parfaitement défini.
Une relation se construit.
Les premières semaines peuvent être particulièrement bouleversantes.
Le manque de sommeil, les changements corporels, les responsabilités nouvelles et les nombreuses sollicitations peuvent laisser très peu de place au repos.
À cela peuvent s'ajouter le vécu de la grossesse, de l'accouchement ou d'une éventuelle hospitalisation.
Pour certains parents, cette période réactive également des émotions ou des fragilités qui existaient auparavant.
Il devient alors difficile de simplement « profiter ».
Et la culpabilité peut rapidement s'installer :
« Je devrais être heureux(se). »
« Pourquoi est-ce que je ressens ça ? »
« Est-ce que je suis un bon parent ? »
Ces questions méritent d'être accueillies plutôt que jugées.
Le bébé découvre son environnement à travers ses sens.
Le contact, le portage, les bercements, le peau à peau ou les gestes doux du quotidien sont autant d'occasions de créer des moments de proximité.
Le toucher peut ainsi devenir un véritable moyen de communication.
Il n'est pas nécessaire de réaliser un massage « parfait ».
Changer un vêtement, mettre une crème, prendre son bébé dans les bras ou simplement poser une main avec douceur peuvent déjà devenir des moments de rencontre.
L'important est moins la technique que la qualité de la présence.
Il n'est jamais utile de se comparer à d'autres parents.
Certains ressentent une connexion très rapidement.
D'autres ont besoin de temps.
Certaines relations deviennent très intenses puis évoluent.
D'autres se construisent dans une forme de tranquillité.
Il n'existe pas une seule manière d'être parent.
En revanche, lorsque la tristesse, l'anxiété, la culpabilité, le sentiment de déconnexion ou l'épuisement deviennent importants ou persistants, il est essentiel de ne pas rester seul(e).
Un médecin, une sage-femme, un psychologue ou un autre professionnel compétent en périnatalité peut vous accompagner.
Nous pensons naturellement au bébé.
Mais le parent a lui aussi besoin d'être soutenu.
Pouvoir parler de ses émotions sans être jugé, retrouver un peu de repos, comprendre ce qui se passe et être accompagné dans cette période peut permettre de retrouver progressivement davantage de confiance.
Le lien parent-enfant n'a pas besoin d'être parfait.
Il a besoin de présence, de sécurité et de temps.
La périnatalité occupe une place particulière dans mon parcours et dans l'évolution de ma pratique.
Je développe actuellement de nouveaux accompagnements autour du post-partum, du lien parent-enfant et du soutien aux jeunes parents, avec une réflexion particulière autour du toucher et des interactions précoces.
Ces accompagnements seront proposés progressivement, dans une approche respectueuse du rythme de chaque famille.